Pourquoi la rumba congolaise doit être inscrite à l’Unesco

La rumba congolaise va faire l’objet d’une demande d’inscription à la liste du patrimoine culturel de l’Humanité de l’Unesco.

De Cuba à Brazzaville, il n’y a qu’un pas… de rumba. Dans les années 1930, la rumba cubaine est à son apogée. Entre l’île des Caraïbes et l’Afrique de l’Ouest, la liaison se fait à l’époque par des cargos transatlantiques. De quoi faire voyager la rumba le long du fleuve Congo jusqu’à Brazzaville. Ce style musical prend alors une tournure locale et toute sa spécificité congolaise, avec notamment Luambo Makiadi. Papa Wemba et bien d’autres feront perdurer la tradition. Mais pour que cette dernière ne s’éteigne pas, quoi de mieux qu’une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco ? La République du Congo a déjà réussi à y inscrire le Trinational de la Sangha, parc naturel à cheval entre le Cameroun, la République centrafricaine et la République du Congo.

Plusieurs sites proposés à l’Unesco

D’autres sites congolais sont également présents sur la liste indicative, et que le Congo a donc l’intention de proposer pour inscription, parmi lesquels l’ancien port d’embarquement des esclaves de Loango, le domaine royal de Mbé, le Parc National de Conkouati-Douli ou encore le Parc national d’Odzala-Kokoua. L’Unesco dispose également d’un Comite de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Son objectif ? « Assurer une plus grande visibilité aux traditions et aux savoir-faire portés par les communautés sans pour autant leur reconnaître de critère d’excellence ou d’exclusivité ». Les membres du comité scientifique national de la République du Congo se verraient bien ajouter la rumba congolaise à cette liste, non seulement pour promouvoir ce genre musical mais aussi pour en assurer sa sauvegarde.

Une action conjointe des deux Congo

Denis Sassou N’Guesso et Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo ont entrepris d’inscrire la rumba au patrimoine de l’Humanité de façon conjointe. Les ministères de la Culture des deux Congo vont donc œuvrer à réussir cette mission. Cela passe par un dossier de candidature et un dépôt auprès de l’Unesco, actions réalisées en mars dernier. Les autorités congolaises devront ensuite donner des arguments pour que cette inscription soit acceptée. Des actions de lobbying doivent être entreprises et le Congo s’efforcera de communiquer, au niveau national, sur l’importance de cette action aussi bien pour la rumba congolaise que pour le pays. Verdict prévu en fin d’année 2021.