Bientôt une liaison routière entre Brazza et N’Djamena ?

Une route reliant le Congo au Tchad est actuellement en projet. La CEMAC va tenter de lever 600 millions d’euros pour réaliser ce projet pharaonique.

Il faut actuellement au moins dix heures, en avion, pour voyager de Brazzaville à N’Djamena. En effet, les compagnies aériennes ne proposent pas de vols directs entre les capitales du Congo et du Tchad. Si bien que les deux villes semblent séparées par un océan. Dans quelques années, le transport routier entre Brazzaville à N’Djamena pourrait être simplifié. La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) vient en effet de rendre publique une série de projets. Parmi ces onze projets, celui d’une route de près de 3 300 kilomètres qui relierait Brazzaville à N’Djamena, en passant par Bangui et qui partirait en réalité d’Ouesso. La Fonds africain de développement, dans une étude, affirme que ce projet doit permettre de « contribuer au renforcement de l’intégration régionale à travers la réalisation des liaisons inter-Etats au sein de la CEEAC ».

Une route pour désenclaver les populations

Reste à trouver les financements. Car le projet coûte à lui seul plus de 950 milliards de francs CFA. Il comprend, entre autres, la construction et le bitumage de 1 310 kilomètres de route. Outre une aide au secteur du transport, ce tronçon a un objectif social double : le « désenclavement des populations des zones traversées jusqu’ici mal accessible » et « l’amélioration des conditions de vie des populations ». Une table ronde était organisée ces derniers jours, avec un appel à financement. La CEEAC espère obtenir plus de 600 millions d’euros pour sa route reliant le Congo au Tchad. Pour le reste des financements, les pays traversés par ce corridor ont été mis à contribution : le Congo, la République centrafricaine et le Tchad se sont partagés les charges à hauteur, respectivement, de 40, 51 et 9 %.

11 projets pour 4 milliards d’euros

Le fameux projet de près de 3 300 kilomètres doit permettre de fournir à la République centrafricaine et au Tchad un accès à la mer, notamment par Pointe-Noire. Investisseurs publics, mais également privés, sont donc priés de financer le projet qui doit voir le jour avant 2025. En tout, la CEEAC propose onze projets et cherche à réunir la coquette somme de 4 milliards d’euros. Près de 600 millions d’euros ont déjà été mobilisés. La CEEAC propose ainsi de contracter des prêts à taux concessionnels, des mixages prêts et dons ou encore de réaliser des projets en partenariat public-privé (PPP).